Ischio-jambiers : pourquoi 1 athlète sur 4 récidive en moins d’un an
Lecture critique du pathway de rééducation Aspetar — Simpson et al., JOSPT Open 2026
Homme, 42 ans, coureur loisir — 3 séances/semaine, 10–15 km/sortie, allure 5’/km, semi-marathon en préparation. Consulte pour une douleur postérieure de cuisse gauche apparue il y a 8 jours lors d’un fractionné 6×800 m. Sensation de « coup de fouet » à la 4ᵉ répétition, arrêt immédiat.
Antécédents : 2ᵉ épisode en 14 mois. La première lésion (mai 2025) avait été traitée par 6 séances classiques (massage, étirements, gainage). Reprise à J21 sans bilan structuré ni critères de sortie. Récidive 12 mois plus tard, au même endroit (tiers moyen, biceps fémoral).
Examen J+8 : MHFAKE 68° vs 78° côté sain (déficit 13 %). Test de force isométrique en flexion de genou prone 95° : 24 kg vs 31 kg (LSI 77 %, déficit 23 %).
Chez 24 % des athlètes, une nouvelle lésion ischio survient dans les 12 mois suivant le retour, dont la majorité dans les 2 premiers mois. Le facteur de risque le plus puissant n’est pas la sévérité initiale : c’est l’antécédent lui-même, avec un risque multiplié par 3,6. Le maillon manquant : un parcours de retour basé sur des critères objectifs et non sur le temps.
⚡ Highlights
🎯 Pourquoi ce JOSPT 2026 change la donne
Les lésions des ischio-jambiers (Hamstring Strain Injuries, HSI) sont la blessure musculaire la plus fréquente des sports collectifs. En football professionnel européen, elles représentent 24 % de toutes les blessures et leur incidence ne cesse d’augmenter depuis 20 ans (Ekstrand 2023). En athlétisme international, c’est la première étiologie de blessure lors des championnats majeurs.
Mais le vrai problème n’est pas l’incidence — c’est la récidive. Malgré deux décennies d’efforts scientifiques, 1 athlète sur 4 connaît une nouvelle lésion dans l’année. Un antécédent de HSI multiplie le risque par 3,6 — c’est de loin le facteur prédictif le plus puissant.
Simpson, Wallace, King, Mc Keever et Whiteley (Aspetar, Doha) publient en 2026 dans JOSPT Open un pathway structuré, multifactoriel et basé sur des critères — synthétisant pour la première fois les milestones cliniques, les progressions de force, le contrôle moteur, la mécanique de course, l’explosivité et la semaine type en six phases.
🔬 Méthodologie de l’article source
Étude transversale (cross-sectional study) évaluant la pertinence clinique perçue d’un pathway développé selon le Knowledge-to-Action Framework. Un steering group de cliniciens seniors d’Aspetar (≥ 5 ans d’expérience) a construit le pathway via revue narrative ciblée, puis l’a soumis à un panel externe de 32 praticiens élite aux Aspetar International Rehabilitation Conference 2024.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Taux de réponse | 75 % (n = 24/32) |
| Niveau d’étude des répondants | 88 % MSc ou PhD |
| Spécialité | 83 % football pro ou Australian Football League |
| Accord global | 91,8 % (mean Likert 4,3/5) |
| Accord par section | 85 % (Aspetar week) → 94 % (Explosiveness & Reactive Strength) |
Ce que cet article est — et ce qu’il n’est pas. Le pathway est externally reviewed (accord d’experts) — pas externally validated. Aucune donnée d’efficacité clinique, ni temps de retour au sport, ni taux de récidive n’accompagne ce pathway. L’accord d’experts signifie pertinence perçue et applicabilité pratique, pas supériorité thérapeutique démontrée.
📊 Données clés pour votre pratique
La récidive survient au même endroit dans la grande majorité des cas (Wangensteen 2016, confirmé à l’IRM). Ce qui suggère que le déficit fonctionnel persiste au retour au sport : inhibition neuromusculaire (Bourne 2016), atrophie et raccourcissement des fascicules du biceps fémoral (Silder 2008), déficit excentrique chronique (Opar 2015).
Pour notre coureur de 42 ans : l’erreur du premier épisode est diagnostique. Reprise course à J21 sans aucun critère vérifié. La récidive 14 mois plus tard n’est pas une « malchance » — c’est l’expression d’un déficit fonctionnel chronique jamais révélé. L’inhibition neuromusculaire et le raccourcissement des fascicules persistent des mois après la « guérison clinique » (Bourne 2016, Silder 2008).
Présentation clinique : les HSI ne sont pas un groupe homogène. Askling (2007) puis Pollock (BAMIC 2014) distinguent deux grands types :
🏃 Type 1 — Sprinter type
Lésion en milieu de sprint à haute vitesse. Atteinte du biceps fémoral long head, tiers proximal-moyen. ROM peu limité. Délai retour : 16–28 jours (intramusculaire) ou 45–60 jours (intratendineuse). >80 % des HSI en sports collectifs.
🤸 Type 2 — Stretching type
Lésion en position d’allongement (danse, fente, coup de pied haut). Atteinte du semimembraneux ou jonction proximale. ROM très limité, palpation profonde. Délai de retour plus long.
🧪 Évaluation clinique — ce qui est validé en 2026
Le pathway Aspetar structure l’évaluation en 4 niveaux : subjective, objective, motor control et performance.
1. Subjective — les 3 prédicteurs validés du temps de retour :
2. Objective — batterie HHD standardisée (Make-Break test 4 sec, meilleur de 3, en kg) :
| Test | Position | Ce qu’il cible |
|---|---|---|
| Prone Inner Range Break Test | 95° flexion de genou | Fonction excentrique en course interne |
| Prone Mid Range Break Test | 30° flexion de genou | Position de référence, plus reproductible |
| Supine Outer Range Break Test | 90° HF + 90° KF | Fonction biarticulaire en allongement |
| Prone Hip Extension Break Test | 30° extension hanche, genou tendu | Innovation clé — facteur de risque démontré de HSI (Buhmann 2022) |
3. ROM — le MHFAKE : patient en décubitus dorsal, hanche fléchie maximalement et stabilisée, extension active du genou jusqu’au seuil de douleur. Mesure par inclinomètre. Un MHFAKE LSI < 90 % est un drapeau rouge pour la progression vers les phases d’accumulation et au-delà.
4. Performance — Sprint Mechanics Assessment Score (S-MAS) : outil qualitatif à 12 items évalué sur vidéo smartphone 240 fps. ICC inter-rater 0,799. Validation prospective sur 126 footballeurs élite : +33 % de risque de récidive par point gagné au S-MAS (Bramah 2025). Coût : 0 €, temps : 25 minutes.
🗺️ Le pathway en 6 phases — criteria-based, pas time-based
Pourquoi le criteria-based bat le time-based. Barber-Westin et Noyes (2011) ont démontré que l’adhérence à des critères objectifs de progression réduit significativement les taux de récidive vs l’approche temporelle. Pour notre coureur loisir, l’erreur du premier épisode est là : reprise à J21 sans aucun critère vérifié.
Douleur ≤ 4/10. Double leg squat/bridge, straight leg raise, vélo 1,5× poids du corps pendant 5 min. Pas de course encore. Focus motor control isolé + isométriques courts à moyens. Conditioning membre supérieur uniquement.
Critères : douleur ≤ 2/10, MHFAKE LSI ≥ 70 %, Inner/Mid/Outer Range LSI ≥ 50 %, Hip Extension LSI ≥ 50 %. Apparition de l’explosivité (hopping basse intensité) et drills de course mécanique < 40 % MSS. Force triphasique : concentrique → isométrique → excentrique.
Critères : indolore, MHFAKE LSI ≥ 90 %, Inner/Mid/Outer Range LSI ≥ 80 %, Hip Extension LSI ≥ 80 %, Single-Leg Elevated Bridge ≥ 12 reps. Course générique < 75 % MSS. Charge excentrique en surcharge (eccentric overload).
Critères : CMJ LSI ≥ 90 %, Drop Jump LSI ≥ 90 %, Knee Flexion isokinétique LSI ≥ 90 %, Max Sprint Speed ≥ 80 % de la pré-blessure, Total Distance ≥ 70 % des demandes match, 1× scénario du pire des cas (1–3 min). Course mixte < 85 % MSS.
Critères : Max Sprint Speed ≥ 95 %, 2× scénarios du pire des cas (1 et 5 min), F(0) Sprint ≥ 90 % ou ≥ 7,5 N/kg, CMJ Double leg ≥ 36 cm / Single ≥ 18 cm, Knee Flexion concentrique ≥ 180 % et excentrique ≥ 240 %. Sprints maximaux intégrés.
Pas de régression depuis la phase précédente. Atteinte des objectifs de performance individualisés. Retour au club sans restriction. Phase de maintenance : programme excentrique 1×/semaine + monitoring mensuel.
💪 L’architecture du renforcement
Les déficits de force persistent souvent des mois après la récupération clinique (Sanfilippo 2013). Le pathway Aspetar structure le renforcement en 4 streams biomécaniques :
🦵 Knee-dominant
Leg curl assis, prone leg curl, sliding leg curl. Cible la fonction monoarticulaire du BFlh court, BFsh, ST, SM.
🍑 Hip-dominant Inner Range
45° hip extension, glute-ham raise, NHE. Cible la fonction biarticulaire en course interne.
🏋️ Hip-dominant Outer Range
Romanian deadlift, single leg deadlift, good morning. Cible le BFlh à grandes longueurs — territoire de la lésion sprint-related la plus fréquente.
⚡ Agonist (synergistes)
Hip thrust, glute bridge, copenhagen plank. Important : le hip thrust hypertrophie le fessier mais PAS les ischios (Plotkin 2023) — il ne peut pas remplacer le travail spécifique hamstring.
Maeo et al. (Med Sci Sports Exerc 2024) ont mené un RCT crossover 12 semaines comparant le Nordic Hamstring Exercise (NHE) au Lengthened-State Eccentric Training (LSET) — leg curl assis hanche fléchie — à charge équivalente.
Implication clinique : le LSET devient l’exercice de première intention pour cibler le BFlh. En cabinet libéral : sliding leg curl assis avec hanche fléchie, ou single-leg deadlift à amplitude maximale avec contrôle excentrique 4–6 secondes. Le NHE conserve sa place pour le BFsh — les deux sont complémentaires.
Andrews et al. (J Sport Health Sci 2025) : 9 semaines de NHE produisent +25 % de sarcomères en série en région centrale et +49 % en région distale du BFlh (mesure microendoscopique humaine, première du genre). Tout revient partiellement vers la baseline après 3 semaines de detraining — ce qui justifie le maintien d’un travail excentrique en phase Resilience.
Progression Triphasic — 4 leviers : Length : court → long Tempo : controlled → max intent Contraction : isometric → triphasic → eccentric overload Load : low → high
🏃 Running — le retour à la course est le traitement
La course est à la fois le geste qui blesse (>80 % des HSI sont sprint-related, Maniar 2023) et le geste qui prépare au retour. La sous-exposition est elle-même un facteur de risque : les joueurs sous-exposés au high-speed running dans les 2 matchs précédents ont un risque de HSI 14–53 % plus élevé (Moreno-Pérez 2024).
Le pathway structure le running en 6 streams mécaniques : toe-off, mid-stance, anti-rotation, accélération, décélération, changement de direction.
Le S-MAS, transposable à 100 % en cabinet libéral. Smartphone 240 fps + Kinovea® ou My Jump Lab® + grille S-MAS imprimée. Coût : 0 €. Temps : 25 minutes. À intégrer comme test gold-standard avant validation de la phase Transition pour tout coureur loisir récidiviste.
Rôle causal de l’antéversion pelvienne. Mendiguchia et al. (2024) ont démontré in vitro sur cadavres frais que chaque 5° d’APT élonge le hamstring proximal de >1 cm vs seulement 0,4 cm distalement — 2,5× plus de strain proximal. C’est la première démonstration biomécanique causale (non corrélative). L’APT est une cible thérapeutique de premier ordre, particulièrement chez le coureur récidiviste.
🧠 Motor Control — la clé que tout le monde néglige
Higashihara et al. (J Sports Sci 2022) ont étudié des athlètes avec antécédent HSI lors de perturbations imprévues du tronc. Résultat clé : les sujets HSI montrent un retard d’activation du gluteus maximus ET des erector spinae UNIQUEMENT en condition imprévue (NoCUE). Aucune différence en condition anticipée.
Ohtsubo et al. (J Sports Sci Med 2024) montrent par EMG en sprint accéléré que les sujets HSI présentent une activité de l’oblique externe diminuée en early stance, des patterns du gluteus medius, BF et ST altérés, et une coordination glutéale-ischio désorganisée à haute vitesse. Cible thérapeutique : intégrer oblique externe et gluteus medius en chaîne fermée dynamique (single leg deadlift + rotation, side plank avec hip abduction, walking lunge avec rotation tronc).
✅ Les 7 changements à mettre en place dès lundi
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1
Investir dans un Hand-Held Dynamometer (HHD)
Coût ~300–500 €, amorti en 6 mois. Protocole Make-Break 4 secondes, meilleur de 3 reps en kg, calcul du LSI. Sans HHD, vous ne pouvez pas savoir objectivement si votre patient peut passer la phase Reload. C’est la fondation de tout suivi reproductible.
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2
Mesurer le MHFAKE ROM avec un inclinomètre
Patient en décubitus dorsal, hanche fléchie maximale stabilisée, extension active du genou jusqu’au seuil tolérable. Mesure via goniomètre digital ou app smartphone (Coach’s Eye, Hudl Technique). LSI < 90 % = drapeau rouge pour la progression. À répéter chaque semaine.
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3
Intégrer le S-MAS dès la phase Transition
Vidéo smartphone 240 fps en vue latérale, sprint 30 m à vitesse quasi-maximale. Scoring des 12 items Bramah 2024 (ICC 0,799). Un score > 5/12 impose un cycle supplémentaire de running mechanics avant validation du retour course. C’est l’outil prospectivement validé qui change réellement la pratique en 2026.
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4
Prescrire du LSET en première intention pour le BFlh
Leg curl assis hanche fléchie → 1,7× plus d’hypertrophie globale et 3,5× plus de BFlh que le NHE (Maeo 2024). En cabinet : sliding leg curl assis avec poulie basse et hanche fléchie 90°, ou single leg deadlift à amplitude maximale + contrôle excentrique 4–6 secondes. Le NHE reste utile pour le BFsh — les deux sont complémentaires.
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5
Tester systématiquement la force isométrique en extension de hanche
Patient prone, genou tendu, dynamomètre sous le talon, 30° d’extension de hanche. Le déficit de force en hip extension est un facteur de risque démontré de HSI (Buhmann 2022, Hajek 2024) — souvent absent des bilans classiques qui se limitent à la flexion de genou.
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6
Cibler l’antéversion pelvienne dynamique
Travail systématique : posterior pelvic tilt control en décubitus dorsal puis debout, gluteus maximus profond (hip thrust, glute bridge unilatéral), transverse abdominal control, exercices intégrés en chaîne fermée (single leg deadlift, walking lunge avec contrôle tronc). Chaque 5° d’APT = +1 cm d’élongation hamstring proximal (Mendiguchia 2024).
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7
Valider le contrôle lumbo-pelvien en condition imprévue
Single-leg balance seul = insuffisant. Ajouter : perturbations manuelles aléatoires, tâche cognitive concomitante (compter à rebours par 7), perturbations auditives surprise (Higashihara 2022). C’est ce qui révèle l’intégration motrice — pas la répétition motrice. À placer en fin de phase Accumulation comme critère de progression vers Transition.
🎯 Conclusion — un changement de paradigme
Pendant deux décennies, la rééducation des ischio-jambiers a oscillé entre deux écueils : un protocolaire rigide « 21 jours – étirements – gainage – retour course » et un empirisme sans critères objectifs. Le pathway Aspetar apporte une architecture transposable au coureur loisir français : six phases, des critères objectifs reproductibles avec un HHD à 300 €, et une logique permettant de structurer chaque décision.
Pour notre coureur de 42 ans : plus de date fixe. Une succession de portes à franchir, avec des clés clairement identifiées (LSI ≥ 90 % en force et ROM, S-MAS sous-seuil, contrôle lumbo-pelvien en condition imprévue validé, exposition progressive au sprint). C’est plus exigeant, plus long — mais c’est ce qui rompt la chaîne de la récidive.
⚠️ Limites à garder en tête
- Le pathway est externally reviewed, pas externally validated — l’accord d’experts ne signifie pas efficacité démontrée. Aucune donnée de retour au sport ni de taux de récidive.
- Le panel d’évaluation est culturellement biaisé : 58 % d’Australiens, 83 % de spécialistes football/AFL. La transférabilité à d’autres contextes (athlétisme, tennis, coureur loisir français) reste à confirmer.
- La transférabilité au coureur loisir 35–45 ans n’est pas démontrée. Toutes les études citées concernent des populations élite ou sub-élite jeunes. Un ajustement clinique est nécessaire.
- Anthis et al. (JOSPT 2024) ont calculé le Fragility Index des facteurs de risque de HSI : médiane = 3. Il suffit de reclasser 1–3 patients pour annuler la signification statistique de nombreux cut-offs cités. Privilégier l’approche multifactorielle.
- Le LSI comme critère de progression a ses limites : la jambe controlatérale peut elle-même être déficitaire chez le récidiviste. Compléter par des seuils absolus ou relatifs au poids du corps lorsque disponibles.
- L’IRM garde une valeur descriptive mais sa capacité prédictive du temps de retour au sport est limitée (Beattie 2023). Le pathway la considère comme adjuvante au raisonnement clinique, pas comme pivot diagnostique.
Cet article s’adresse à des kinésithérapeutes et ne se substitue pas à un avis médical. Toute suspicion d’atteinte tendineuse profonde, de récidive multiple inexpliquée ou de signe neurologique associé doit conduire à une coordination avec le médecin traitant et, si nécessaire, un médecin du sport.
- Simpson D, Wallace S, King E, Mc Keever H, Whiteley R. The Aspetar Hamstring Injury Rehabilitation Pathway. JOSPT Open. 2026. DOI: 10.2519/josptopen.2026.0213.
- Maniar N, et al. Incidence and prevalence of hamstring injuries in field-based team sports. Br J Sports Med. 2023;57:109-116. PMID 36460436.
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- Maeo S, et al. Hamstrings hypertrophy is specific to the training exercise: Nordic Hamstring versus Lengthened State Eccentric Training. Med Sci Sports Exerc. 2024;56:1893-1905. PMID 38857522.
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- Anthis M, et al. The Fragility Index of Risk Factors for Hamstring Injuries. J Orthop Sports Phys Ther. 2024;54:672-678. PMID 39350594.
- Vermeulen R, et al. Early versus delayed lengthening exercises for acute hamstring injury. Br J Sports Med. 2022;56:792-800. PMID 35168953.



