📜 Texte de référenceArrêté du 14 septembre 2026 fixant la liste des produits de santé que les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés à prescrire (JORF n° 0216 du 16 septembre 2026).
🔬 Synthèse scientifique pivotvan der Gaag WH et al., Cochrane Database Syst Rev 2020, CD013581.
🏥 Le cas clinique qui interpelle

Un lundi matin de septembre, Karim, 34 ans, franchit la porte du cabinet en se tenant le bas du dos comme on porte un vase fragile. Samedi, il a déménagé l’appartement de sa sœur ; dimanche matin, impossible de lacer ses chaussures. Il vient en accès direct, sans ordonnance. Pas de fièvre, pas de fourmillements dans les jambes, pas de troubles urinaires, pas d’antécédent notable : les drapeaux rouges sont au vert. L’EVA culmine à 7/10.

Il a déjà « tout essayé » : trois grammes de paracétamol par jour depuis 48 heures, « sans aucun effet ». Et avant même que vous ayez posé les mains sur lui, il a lu la presse du week-end :

👉 « Il paraît que vous pouvez prescrire maintenant ? Vous pourriez me mettre un anti-inflammatoire et un décontractant, comme mon médecin l’avait fait la dernière fois ? »

Le réflexe est tentant. La loi vous y autorise depuis quelques jours. Le patient le demande. Le « décontractant » a déjà « marché » une fois. Et pourtant, signer cette ordonnance-là, telle quelle, serait probablement la moins bonne décision de la matinée.

💡 La vraie question

Et si la question n’était pas « ai-je le droit de prescrire ? », mais « qu’est-ce que ce médicament va réellement apporter à Karim, à quel prix, et qu’est-ce que mon ordonnance va lui raconter sur son dos ? »

C’est à cette question que cet article répond, en s’appuyant sur les meilleures synthèses disponibles : revues Cochrane, méta-analyses du BMJ et du Lancet, recommandations HAS, NICE et American College of Physicians. Premier épisode d’une série de quatre consacrée au kinésithérapeute prescripteur.

⚡ À retenir en 30 secondes

⚖️Depuis le 16 septembre 2026, le kinésithérapeute peut prescrire des antalgiques de palier 1 et des myorelaxants (hors formes injectables), dans le cadre de sa compétence et sauf indication contraire du médecin [1]. Ces médicaments ne sont pas remboursés lorsqu’ils sont prescrits par un kiné.
📉Dans la lombalgie aiguë, le paracétamol ne fait pas mieux que le placebo, preuves de haute qualité [3–5]. Les AINS oraux apportent environ 7 points sur 100 : réel, mais probablement pas cliniquement pertinent [2].
🧴Dans les entorses et lésions aiguës des membres, les AINS topiques offrent le meilleur rapport bénéfice/risque : environ 1 patient sur 2 est nettement soulagé par le diclofénac gel, pour des effets indésirables comparables au placebo [8,9].
🚫Les myorelaxants ont un bénéfice très incertain et augmentent les effets indésirables de 60 % [10]. La HAS juge leur balance bénéfice/risque défavorable dans la lombalgie commune [21].
🛡️Le risque se concentre sur des profils identifiables : âge, rein, anticoagulants, ulcère, cœur, grossesse, IEC/sartan + diurétique. Un dépistage structuré au bilan vaut toutes les précautions du monde.

📖 Introduction : un nouveau stylo dans la main du kiné

Pendant vingt ans, l’ordonnance du kinésithérapeute tenait sur une liste courte : cannes, attelles, bas de contention, quelques pansements. Le médicament, lui, restait de l’autre côté du bureau médical, à l’exception notable des substituts nicotiniques, ouverts aux kinés depuis la loi de modernisation de notre système de santé de 2016.

La loi du 26 avril 2021 avait posé le principe : le kinésithérapeute peut prescrire les « produits de santé nécessaires à l’exercice de sa profession ». Il manquait la liste. Elle est arrivée avec l’arrêté du 14 septembre 2026, publié au Journal officiel le 16 septembre, après avis de l’Académie nationale de médecine [1].

16 → 58
lignes sur la liste de prescription
47
dispositifs médicaux
11
médicaments, dont palier 1 et myorelaxants

Ce changement s’inscrit dans un mouvement plus large : l’accès direct (loi Rist de 2023, expérimentation en CPTS depuis 2025) fait du kinésithérapeute un véritable professionnel de premier recours. Or, en premier recours, la question de la douleur, et de son traitement médicamenteux, se pose dès la première minute.

🧭

Mais un droit n’est pas une indication. La littérature internationale sur la douleur musculo-squelettique est, pour les antalgiques de palier 1, d’une sobriété qui surprend souvent les cliniciens. Avant de prescrire, il faut savoir ce que ces molécules font vraiment et ce qu’elles ne font pas.

📜 Ce que dit le texte : autorisé, exclu, en discussion

L’article 1 de l’arrêté mérite d’être lu mot à mot, car chaque incise compte : le kinésithérapeute est autorisé, « à l’exclusion des produits et matériels utilisés pendant la séance, sauf indication contraire du médecin, […] dans le cadre de l’exercice de sa compétence, à prescrire chez ses patients » les produits de la liste [1]. Trois conditions, donc : une prescription pour le patient (pas pour le cabinet), cohérente avec la prise en charge kinésithérapique, et qui ne contredit pas une consigne médicale.

✅ Autorisé

  • Antalgiques de palier 1 (paracétamol, AINS, aspirine), hors injectables
  • Myorelaxants, hors injectables
  • Substituts nicotiniques (depuis 2016)
  • Autres : mucolytiques, antiseptiques non iodés, crèmes cicatrisantes, émollientes ou anesthésiantes…

⛔ Exclu

  • Antalgiques de palier 2 et 3 (codéine, tramadol, opioïdes forts)
  • Toutes les formes injectables · corticoïdes
  • Arrêts de travail · toute molécule hors liste

⏳ En discussion

  • Remboursement des médicaments prescrits par le kiné (modification de l’article R163-2 du CSS)
  • Pérennisation et généralisation de l’accès direct
⚠️

Point de vigilance. À ce jour, aucun référentiel HAS ou ANSM spécifique n’encadre la prescription médicamenteuse par les kinésithérapeutes, et aucune formation complémentaire en pharmacologie n’est exigée. C’est la différence majeure avec le Royaume-Uni, où la prescription indépendante des physiothérapeutes repose sur une formation de niveau master. La responsabilité, civile et ordinale, repose donc entièrement sur la qualité de votre raisonnement.

🧠 Trois familles, trois logiques : comprendre avant de prescrire

Devenir un prescripteur éclairé ne demande pas de réciter un cours de pharmacologie. Cela demande de comprendre comment agit chaque famille, parce que c’est de là que découlent à la fois ses bénéfices et ses dangers.

Le paracétamol : le plus connu, le plus surestimé

Son mécanisme reste, étonnamment, partiellement mystérieux : une action centrale sur les voies de la douleur, sans effet anti-inflammatoire périphérique notable. C’est l’antalgique de la fièvre et des douleurs légères, et c’est aussi, en France, la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse [34]. Plus de 200 spécialités en contiennent : le « paracétamol caché » dans un médicament contre le rhume est un piège classique du surdosage.

Les AINS : efficaces, mais jamais anodins

Ibuprofène, kétoprofène, naproxène, diclofénac : tous bloquent les enzymes cyclo-oxygénases (COX), qui fabriquent les prostaglandines. Or les prostaglandines ne servent pas qu’à l’inflammation : elles protègent la muqueuse de l’estomac, maintiennent le débit sanguin du rein et participent à l’équilibre cardiovasculaire. Toute la toxicité des AINS se lit dans cette phrase. Appliqués en gel, ils agissent localement avec une exposition sanguine très faible, d’où un profil de sécurité radicalement différent.

Les myorelaxants : un nom plus séduisant que leurs preuves

Thiocolchicoside, méthocarbamol : leur promesse, « décontracter le muscle », parle immédiatement aux patients et aux thérapeutes. Leur mode d’action est en réalité essentiellement central et sédatif. Le thiocolchicoside fait l’objet de restrictions européennes depuis 2013 en raison d’un risque génotoxique de l’un de ses métabolites : 7 jours maximum par voie orale, contre-indiqué pendant la grossesse, l’allaitement et chez la femme en âge de procréer sans contraception [23].

🔬 Ce que disent vraiment les preuves : l’efficacité

Voici le cœur de l’article. Ce tableau synthétise les meilleures données disponibles des revues Cochrane et des méta-analyses d’essais randomisés contre placebo. Pour situer les chiffres : sur une échelle de douleur de 0 à 100, une différence d’environ 10 à 15 points est généralement considérée comme le seuil de pertinence clinique.

Molécule · situationEffet mesuréNiveau de preuveSource
Paracétamol · lombalgie aiguëAucune différence avec le placebo (−0,5/100)
Récupération : 17 j vs 16 j (PACE)
Élevé[3–5]
Paracétamol · arthrose hanche/genou−3,7/100 : significatif mais non pertinentÉlevé[3]
AINS oraux · lombalgie aiguëDouleur −7,3/100 · incapacité −2/24
Gain « probablement non cliniquement pertinent »
Modéré à élevé[2]
AINS oraux · lombalgie chroniqueDouleur −3,3/100Faible[6]
AINS oraux · entorse, lésion aiguëPas mieux que le paracétamol
Moins d’effets indésirables que les opioïdes
Élevé[7]
AINS topiques · lésion aiguëNNT 1,8 (diclofénac gel) à 3,9 (ibuprofène gel)
Effets indésirables ≈ placebo
Élevé[8,9]
Myorelaxants · lombalgie aiguëDouleur −7,7/100 · pas d’effet sur l’incapacité
Effets indésirables ×1,6
Très faible[10,11]
💡

Lecture clinique de ces chiffres

  • Le NNT (nombre de patients à traiter) de 1,8 du diclofénac gel signifie qu’il suffit de traiter environ 2 patients pour qu’un seul obtienne un soulagement d’au moins 50 % grâce au médicament. C’est, de très loin, le meilleur chiffre de ce tableau.
  • L’essai PACE (Lancet 2014, 1 652 patients) est l’un des plus grands essais jamais conduits en lombalgie aiguë : il a enterré l’idée que le paracétamol accélère la guérison [4].
  • L’effet des AINS oraux dans la lombalgie existe, mais il reste sous le seuil qu’un patient perçoit habituellement comme une vraie différence.

Les recommandations internationales ont tiré les conséquences de ces données. Le NICE britannique (NG59) écrit noir sur blanc de ne pas proposer le paracétamol seul dans la lombalgie et d’envisager un AINS oral à la dose efficace la plus faible, pendant la durée la plus courte [20]. L’American College of Physicians place en première ligne la chaleur, le massage, l’acupuncture ou la manipulation, et seulement ensuite un AINS ou un myorelaxant si un médicament est souhaité [18]. Pour les lésions musculo-squelettiques des membres, l’ACP et l’AAFP recommandent l’AINS topique en première intention [19]. La HAS (2019), enfin, rappelle que l’activité physique est le traitement principal de la lombalgie commune, que les antalgiques n’ont qu’un rôle symptomatique, et que les myorelaxants ne sont pas recommandés [21].

⚠️ Le revers de la médaille : la sécurité

Si l’efficacité est modeste, les risques, eux, sont bien documentés. Ils ne concernent pas tous les patients de la même façon : ils se concentrent sur des profils que le bilan kinésithérapique est parfaitement capable d’identifier, à condition de les chercher.

RisqueDonnée cléQui est exposé ?
Digestif (ulcère, saignement)Risque multiplié par 1,8 à 4,2 selon la molécule, l’ibuprofène et le naproxène étant les plus exposants [12]Âge > 65 ans, antécédent d’ulcère, alcool
CardiovasculaireDiclofénac : +41 % d’événements vasculaires majeurs ; ibuprofène forte dose : coronarien ×2,2 ; insuffisance cardiaque ≈ ×2 pour tous les AINS [12]Cardiopathie, antécédent d’AVC, HTA
Rénal · « triple whammy »AINS + IEC/sartan + diurétique : insuffisance rénale aiguë ×1,8 dans les 30 premiers jours [14]Hypertendus traités, sujets âgés, déshydratation
HémorragiqueAINS sous antithrombotiques : saignement ×2, même en traitement court [15]Anticoagulants, antiagrégants
InfectieuxComplications infectieuses graves sous ibuprofène et kétoprofène (fasciites, empyèmes), parfois dès 2 à 3 jours [24]Fièvre, angine, varicelle, infection cutanée
Hépatique (paracétamol)Tests hépatiques anormaux ×3,8 à dose pleine [3] ; ≤ 2 g/j si alcool chronique ou insuffisance hépatiqueAlcool, faible poids, dénutrition
Tensionnel (paracétamol)4 g/j pendant 2 semaines : +4,7 mmHg de pression systolique chez l’hypertendu [17]Hypertendus

Un dernier débat intéresse directement le kinésithérapeute : les AINS freinent-ils la cicatrisation et l’adaptation à l’entraînement ? Les données suggèrent un effet modeste et dépendant de la dose sur la consolidation osseuse [31], et un essai a montré que 1,2 g/j d’ibuprofène pendant 8 semaines divisait par deux l’hypertrophie musculaire induite par le renforcement chez de jeunes adultes [32].

🛑

Ces preuves restent limitées, mais elles plaident pour une règle simple : pas d’AINS systématique et prolongé pendant une phase de reconditionnement.

⚖️ Prescrire ou ne pas prescrire : le vrai bilan pour le kiné

Au-delà des molécules, c’est la prescription par le kinésithérapeute elle-même qu’il faut évaluer. Elle a de vrais arguments pour elle, et de vrais pièges.

✅ Avantages

Continuité du parcours : un seul interlocuteur en accès direct, moins d’allers-retours entre kiné, médecin et pharmacie.
Pouvoir de déprescrire : au Royaume-Uni, 1 prescription de kiné sur 10 consiste à arrêter ou alléger un traitement [26].
Moins de médicaments au total : en accès direct, les kinés prescrivent moins que les généralistes, y compris dans un essai français [28,29].
Alternative aux opioïdes, avec moins d’effets indésirables qu’eux [7].
Sécurité documentée à l’étranger : aucun événement indésirable sur 50 799 patients en accès direct dans l’armée américaine [27].
Satisfaction des patients équivalente, avec des consultations plus longues [25].

❌ Inconvénients

Formation : pas de module obligatoire en pharmacologie en France, contrairement au Royaume-Uni.
Responsabilité civile et ordinale engagée par chaque ordonnance.
Iatrogénie concentrée chez les sujets âgés et polymédiqués, précisément ceux qui consultent le plus.
Surmédicalisation d’affections qui guérissent spontanément : 90 % des lombalgies aiguës en 4 à 6 semaines.
Message contradictoire : « votre dos est solide… voici un anti-inflammatoire » peut fragiliser l’éducation biopsychosociale.
Non-remboursement et automédication déjà massive : plus de 9 Français sur 10 prennent du paracétamol dans l’année [33].

🌍 Ce que nous apprennent les pays qui prescrivent déjà

La France n’invente pas le kiné prescripteur. Au Royaume-Uni, les physiothérapeutes pratiquent la prescription indépendante depuis 2013, sur le formulaire complet dans leur champ de compétence ; plus de 2 000 sont aujourd’hui qualifiés. L’évaluation nationale conduite sur 14 sites a montré une forte acceptabilité et une qualité de vie équivalente à la prise en charge sans prescripteur [25]. Les AINS y sont la classe la plus prescrite, mais une part significative de l’activité consiste… à déprescrire [26].

Dans les forces armées américaines, où les physiothérapeutes disposent de privilèges de prescription limités depuis les années 1970, les données de sécurité sont remarquables, et les patients vus en physiothérapie de pratique avancée reçoivent moins d’ordonnances et d’imagerie que ceux vus en médecine générale [27,35]. En France, l’essai randomisé en grappes de Kechichian et al. sur la lombalgie en premier contact a montré une prise en charge non inférieure par le kiné, avec significativement moins de médicaments prescrits [28].

2013
prescription indépendante des physios au Royaume-Uni
2 000+
physiothérapeutes prescripteurs qualifiés (UK)
1 / 10
prescriptions consacrées à déprescrire [26]
⚠️

Nuance indispensable. Ces études mesurent la sécurité et l’acceptabilité de l’accès direct dans son ensemble. Aucune n’évalue directement la pertinence des prescriptions médicamenteuses des kinés, et aucune n’a été conduite dans un système sans formation pharmacologique obligatoire, comme le nôtre.

🎯 Conclusion

Le droit de prescrire est une avancée réelle pour la kinésithérapie de premier recours. Mais la littérature est sans ambiguïté : les antalgiques de palier 1 et les myorelaxants ont, sur la douleur musculo-squelettique, une efficacité modeste, parfois nulle, et des risques bien réels, concentrés sur des patients identifiables. Le médicament doit rester un adjuvant bref, ciblé et expliqué d’une prise en charge active et éducative, jamais le cœur du traitement.

🎯 Message clé

Paradoxalement, c’est peut-être là que le kinésithérapeute peut faire la différence : en prescrivant moins, mieux, et en sachant déprescrire ce que l’automédication a accumulé.

🔄 Changer de regard

AvantMaintenant
❌ Le paracétamol, c’est la base de toute douleur de dos.
✅ Dans la lombalgie aiguë, le paracétamol ne fait pas mieux que le placebo.
❌ Un anti-inflammatoire et un décontractant, ça marche toujours.
✅ AINS oral : gain faible et bref. Myorelaxant : non recommandé.
❌ Le gel, c’est pour faire plaisir au patient.
✅ L’AINS topique est la 1re ligne dans l’entorse : NNT 1,8, peu d’effets indésirables.
❌ J’ai le droit, donc je prescris.
✅ Je prescris si l’indication, le terrain et l’éducation le justifient.
❌ Les médicaments, ce n’est pas mon rôle.
✅ Dépister l’automédication et déprescrire fait partie de mon rôle.

🏥 Les 6 réflexes à intégrer au cabinet

  • 1
    Poser le diagnostic kinésithérapique avant toute ordonnance

    Exclure les drapeaux rouges. Un antalgique ne doit jamais masquer une fièvre ou une infection débutante : c’est l’enseignement de l’alerte ANSM de 2019 sur l’ibuprofène et le kétoprofène [24].

  • 2
    Faire une anamnèse médicamenteuse complète

    « Que prenez-vous, y compris sans ordonnance ? » Anticoagulants, antiagrégants, IEC/sartans, diurétiques, compléments.

    Rechercher le paracétamol « caché » et l’ibuprofène acheté en pharmacie.

  • 3
    Dépister le terrain à risque

    Âge, poids < 50 kg, fonction rénale, ulcère, cœur, HTA, asthme induit par l’aspirine, grossesse, alcool.

    ⚑ Un seul drapeau = pas d’AINS oral sans avis médical

  • 4
    Choisir la molécule la moins risquée qui répond au besoin

    ✓ Lésion aiguë d’un membre → AINS topique en premier ✓ Lombalgie → d’abord chaleur et éducation, AINS oral seulement en décision partagée ✗ Myorelaxant → non

  • 5
    Prescrire court, faible et expliqué

    Dose minimale efficace, 3 à 5 jours. AINS au cours du repas, pas d’alcool, signes d’arrêt écrits.

    Préciser au patient que le médicament n’est pas remboursé.

  • 6
    Tracer et communiquer

    Ordonnance conforme (RPPS, date, signature), compte rendu au médecin traitant, mise à jour du DMP.

    Orienter vers le médecin ou le pharmacien au moindre doute : c’est un acte de compétence, pas un aveu de faiblesse.

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🔔Recevoir des alertes au moment de prescrire : association « triple whammy », anticoagulant + AINS, âge ≥ 65 ans + AINS oral, dose cumulée de paracétamol, durée d’AINS supérieure à 5 jours, fièvre ou infection en cours.
📝Générer une ordonnance conforme à l’arrêté du 14 septembre 2026, limitée aux produits autorisés, avec la fiche de conseils patient associée.
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📚 Référence principale Texte réglementaire analysé dans cet article Arrêté du 14 septembre 2026 fixant la liste des produits de santé que les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés à prescrire. Journal officiel de la République française n° 0216 du 16 septembre 2026, texte n° 32. NOR : SFHH2624413A. Synthèse scientifique pivot van der Gaag WH, Roelofs PD, Enthoven WT, van Tulder MW, Koes BW. Non-steroidal anti-inflammatory drugs for acute low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2020;4:CD013581. DOI : 10.1002/14651858.CD013581 · PMID : 32297973

📖 Références scientifiques complémentaires

Sélection des publications majeures issues de PubMed et des autorités de santé (Cochrane, BMJ, Lancet, NEJM, JAMA, Annals of Internal Medicine, HAS, NICE, ANSM, EMA), citées dans le corps de l’article.

  1. [1]Arrêté du 14 septembre 2026 fixant la liste des produits de santé que les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés à prescrire. JORF n° 0216 du 16/09/2026, texte n° 32.
  2. [2]van der Gaag WH, Roelofs PD, Enthoven WT, van Tulder MW, Koes BW. Non-steroidal anti-inflammatory drugs for acute low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2020;4:CD013581. DOI : 10.1002/14651858.CD013581. PMID : 32297973.
  3. [3]Machado GC, Maher CG, Ferreira PH, et al. Efficacy and safety of paracetamol for spinal pain and osteoarthritis: systematic review and meta-analysis of randomised placebo controlled trials. BMJ. 2015;350:h1225. DOI : 10.1136/bmj.h1225. PMID : 25828856.
  4. [4]Williams CM, Maher CG, Latimer J, et al. Efficacy of paracetamol for acute low-back pain: a double-blind, randomised controlled trial. Lancet. 2014;384(9954):1586-1596. DOI : 10.1016/S0140-6736(14)60805-9. PMID : 25064594.
  5. [5]Saragiotto BT, Machado GC, Ferreira ML, et al. Paracetamol for low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2016;(6):CD012230. DOI : 10.1002/14651858.CD012230. PMID : 27271789.
  6. [6]Enthoven WT, Roelofs PD, Deyo RA, van Tulder MW, Koes BW. Non-steroidal anti-inflammatory drugs for chronic low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2016;2:CD012087. DOI : 10.1002/14651858.CD012087. PMID : 26863524.
  7. [7]Jones P, Lamdin R, Dalziel SR. Oral non-steroidal anti-inflammatory drugs versus other oral analgesic agents for acute soft tissue injury. Cochrane Database Syst Rev. 2020;8:CD007789. DOI : 10.1002/14651858.CD007789.pub3. PMID : 32797734.
  8. [8]Derry S, Moore RA, Gaskell H, McIntyre M, Wiffen PJ. Topical NSAIDs for acute musculoskeletal pain in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2015;(6):CD007402. DOI : 10.1002/14651858.CD007402.pub3. PMID : 26068955.
  9. [9]Derry S, Wiffen PJ, Kalso EA, et al. Topical analgesics for acute and chronic pain in adults – an overview of Cochrane Reviews. Cochrane Database Syst Rev. 2017;5:CD008609. DOI : 10.1002/14651858.CD008609.pub2. PMID : 28497473.
  10. [10]Cashin AG, Folly T, Bagg MK, et al. Efficacy, acceptability, and safety of muscle relaxants for adults with non-specific low back pain: systematic review and meta-analysis. BMJ. 2021;374:n1446. DOI : 10.1136/bmj.n1446. PMID : 34233900.
  11. [11]van Tulder MW, Touray T, Furlan AD, Solway S, Bouter LM. Muscle relaxants for non-specific low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2003;(2):CD004252. DOI : 10.1002/14651858.CD004252. PMID : 12804507.
  12. [12]Coxib and traditional NSAID Trialists’ (CNT) Collaboration; Bhala N, Emberson J, Merhi A, et al. Vascular and upper gastrointestinal effects of non-steroidal anti-inflammatory drugs: meta-analyses of individual participant data from randomised trials. Lancet. 2013;382(9894):769-779. DOI : 10.1016/S0140-6736(13)60900-9. PMID : 23726390.
  13. [13]Nissen SE, Yeomans ND, Solomon DH, et al. Cardiovascular safety of celecoxib, naproxen, or ibuprofen for arthritis. N Engl J Med. 2016;375(26):2519-2529. DOI : 10.1056/NEJMoa1611593. PMID : 27959716.
  14. [14]Lapi F, Azoulay L, Yin H, Nessim SJ, Suissa S. Concurrent use of diuretics, angiotensin converting enzyme inhibitors, and angiotensin receptor blockers with non-steroidal anti-inflammatory drugs and risk of acute kidney injury: nested case-control study. BMJ. 2013;346:e8525. DOI : 10.1136/bmj.e8525. PMID : 23299844.
  15. [15]Schjerning Olsen AM, Gislason GH, McGettigan P, et al. Association of NSAID use with risk of bleeding and cardiovascular events in patients receiving antithrombotic therapy after myocardial infarction. JAMA. 2015;313(8):805-814. DOI : 10.1001/jama.2015.0809. PMID : 25710657.
  16. [16]Roberts E, Delgado Nunes V, Buckner S, et al. Paracetamol: not as safe as we thought? A systematic literature review of observational studies. Ann Rheum Dis. 2016;75(3):552-559. DOI : 10.1136/annrheumdis-2014-206914. PMID : 25732175.
  17. [17]MacIntyre IM, Turtle EJ, Farrah TE, et al. Regular acetaminophen use and blood pressure in people with hypertension: the PATH-BP trial. Circulation. 2022;145(6):416-423. DOI : 10.1161/CIRCULATIONAHA.121.056015. PMID : 35130054.
  18. [18]Qaseem A, Wilt TJ, McLean RM, Forciea MA. Noninvasive treatments for acute, subacute, and chronic low back pain: a clinical practice guideline from the American College of Physicians. Ann Intern Med. 2017;166(7):514-530. DOI : 10.7326/M16-2367. PMID : 28192789.
  19. [19]Qaseem A, McLean RM, O’Gurek D, et al. Nonpharmacologic and pharmacologic management of acute pain from non-low back, musculoskeletal injuries in adults: a clinical guideline from the American College of Physicians and American Academy of Family Physicians. Ann Intern Med. 2020;173(9):739-748. DOI : 10.7326/M19-3602. PMID : 32805126.
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