🏥 Cas clinique qui interpelle

Camille, 34 ans, revient une semaine après son premier rendez-vous pour des douleurs lombaires. Elle vous dit : « Merci, vos notes m’ont aidée à mieux comprendre ce qu’on a vu ensemble… »

…avant d’ajouter : « Mais pourquoi avez-vous écrit que je « me plains » ? »

👉 Vous pensiez bien faire. Et vous avez bien fait. Mais les mots ont un poids. La documentation clinique peut être un vrai outil de soin — ou un outil qui blesse.

⚡ Highlights

🧠+40 % de compréhension thérapeutique quand les patients relisent vos notes après la séance
🧭1 mot maladroit suffit à casser une alliance thérapeutique
💬« Pas encore atteint » au lieu d’« échec » — les mots influencent la motivation
📋93 % des patients apprécient les notes… à condition qu’elles parlent avec eux, pas sur eux

📖 Introduction

Les patients ne sont pas de simples destinataires passifs : ils sont les lecteurs, co-acteurs et parfois critiques de leurs notes. 93 % d’entre eux estiment que relire leurs notes les aide à mieux comprendre leur état de santé et à s’impliquer activement dans leur traitement.

Mais 1 patient sur 10 rapporte avoir lu dans son dossier des propos perçus comme blessants, stigmatisants ou erronés. Des termes comme « se plaint de », « refuse le traitement » ou « non compliant » peuvent être vécus comme des jugements et nuire à l’alliance thérapeutique.

27
participants (patients, médecins, internes, enseignants)
93 %
des patients apprécient d’avoir accès à leurs notes
1/10
a lu des propos perçus comme blessants

📊 Les 10 règles pour une documentation que vos patients vont aimer lire

1
Utilisez un langage centré sur la personne
❌ À éviter

« patient diabétique »

✅ Privilégier

« personne vivant avec un diabète »

Le vocabulaire centré sur la maladie renforce la stigmatisation — celui centré sur la personne favorise le respect et la dignité.

2
Respectez l’identité choisie du patient

Utiliser le prénom préféré, le pronom adéquat, ou valoriser un rôle social : « enseignante active » ou « mère de deux enfants ». Cela renforce la reconnaissance et le lien thérapeutique.

3
Limitez les acronymes opaques

Évitez les sigles non explicités. Pour le patient, ils peuvent être perçus comme incompréhensibles, voire inquiétants. Privilégiez des termes simples ou définis lors de l’entretien.

4
Ne notez rien que vous n’ayez dit à voix haute
❌ À éviter

Écrire « trouble anxieux à surveiller » sans avoir abordé le sujet avec le patient

✅ Principe

Transparence orale = transparence écrite. Tout ce que vous documentez a été partagé.

5
Vérifiez l’historique avant de copier-coller

Les copier-coller peuvent entretenir des erreurs ou figer des situations dépassées. Exemple : « divorcé depuis 3 ans » alors que le patient s’est remarié. Mettez à jour les données sociales, relationnelles et professionnelles.

6
Évitez les mots porteurs de jugement
❌ Formulations à bannir

« Se plaint de douleurs »
« Refuse le traitement »
« Non compliant »

✅ Alternatives neutres

« Rapporte des douleurs »
« Exprime des réserves sur la proposition »
« N’a pas encore adhéré au protocole »

Ces changements réduisent le sentiment de blâme et favorisent la coopération.

7
Soyez objectif dans vos descriptions physiques
❌ Subjectif / inutile

« apparence négligée »

✅ Objectif / cliniquement utile

« démarche à risque de chute », « voix basse et ralentie »

8
Formulez les difficultés avec espoir et progression
❌ Ferme la porte

« échec du sevrage tabagique »

✅ Ouvre la possibilité

« n’a pas encore réussi à arrêter de fumer »

Cette nuance montre que le changement est possible, soutenant la motivation intrinsèque du patient.

9
Traitez les sujets sensibles avec doigté
❌ Trop détaillé

« victime de viol dans l’enfance » (sauf nécessité clinique immédiate)

✅ Factuel et sobre

« antécédents de stress post-traumatique, en suivi »

10
Exprimez vos hypothèses en première personne
❌ Péremptoire

« L’anxiété cause ses symptômes »

✅ Humain et transparent

« Je pense que l’anxiété contribue à ses symptômes »

Cela rend la note plus humaine, explicite votre raisonnement clinique et aide le patient à comprendre votre posture.

💡

Documenter, c’est soigner : chaque note est une opportunité d’éduquer, d’impliquer et de soutenir. Des notes respectueuses = plus de confiance, plus d’adhésion, moins d’abandons.


🏥 Ce que vous pouvez mettre en place au cabinet

  • 1
    Utilisez la note sécurisée et envoyez-la à votre patient

    La note sécurisée TOHA est disponible dès maintenant dans votre espace. Envoyez vos notes après chaque séance — c’est le geste le plus simple pour renforcer l’alliance thérapeutique.

  • 2
    Demandez les préférences d’identité du patient

    ✓ Prénom préféré ✓ Pronoms ✓ Rôle social valorisant — Intégrez ces informations dès le premier bilan.

  • 3
    Auditez votre vocabulaire avec des exemples concrets

    Relisez vos 5 dernières notes. Comptez combien de fois vous avez écrit « se plaint », « refuse », « non compliant ». Remplacez par les formulations neutres des 10 règles.

  • 4
    Actualisez les données sociales à chaque première séance

    Situation professionnelle, familiale, contexte de vie — ces informations évoluent. Ne copiez pas-collez sans vérifier.

  • 5
    Testez la lisibilité de vos notes avec un patient de confiance

    Demandez à un patient volontaire de relire une note anonymisée et de vous dire ce qu’il comprend, ce qu’il ressent. C’est le meilleur audit qualité possible.

🤝

Des notes bien rédigées renforcent la relation thérapeutique, clarifient les objectifs et soutiennent l’engagement du patient dans son parcours. Une note n’est jamais neutre — autant qu’elle soit bienveillante.

💜

Dans TOHA : la note sécurisée est disponible dès maintenant pour rédiger, structurer et partager vos notes cliniques avec vos patients — fluide, sécurisée et conforme.

📋

Vos notes cliniques parlent-elles avec vos patients ou sur eux ?

Intégrez les 10 règles et utilisez la note sécurisée TOHA pour rendre vos notes encore plus utiles, humaines et engageantes.

📚 Références

Vanka A, et al. Guidelines for patient-centered documentation in the era of open notes. JMIR Med Educ. 2025;11:e59301.

Gerard M, et al. The importance of visit notes on patient portals for engaging less educated or nonwhite patients. J Med Internet Res. 2018;20(5):e191.

Walker J, et al. OpenNotes after 7 years: patient experiences with ongoing access to their clinicians’ notes. J Med Internet Res. 2019;21(5):e13876.

Goddu AP, et al. Do words matter? Stigmatizing language in the medical record. J Gen Intern Med. 2018;33(5):685–691.

Bell SK, et al. When doctors share visit notes with patients. BMJ Qual Saf. 2017;26(4):262–270.